mardi 16 février 2010

Les billes

Cette histoire remonte à un peu plus de soixante ans, puisque nous étions alors en classe de dixième, Maxo et moi. Tous les jours, à l'heure du renvoi, nous remontions de l'école sur nos petites jambes, à pieds evidemment, depuis Saint Louis de Gonzague jusqu'au Bois-Verna!
Nous traversions alors cette vaste étendue de verdure qu'était le champ de Mars d'autrefois, à l'époque où il y avait le jet d'eau [où giclait l'eau!], le kiosque à musique, la statue de Jean-Jacques Dessaline, l'empereur tenant son sabre pointé tout droit vers le ciel.

Trimballant nos sacs d'école bourrés à craquer, nous nous racontions nos petites histoires en cours de route, "shootant" tout ce qui se trouvait sur notre passage, [bouchons-cola, cailloux, capuchons de stylos, ou autres brimborions], lorsqu'un monsieur vêtu d'un beau complet beige et portant une belle cravate rouge, nous approcha et nous demanda si nous aimions les billes.
Demander à deux gringalets s'ils aiment les billes! Quelle question idiote! "Bien sûr, lui dîmes-nous!"

Eh bien, nous répondit le bougre, il y en a par milliers dans le gazon ; vous n'aurez qu'à y passer les doigts pour les trouver. Cet homme si généreux, portait toutefois des chaussures éculées et dechirées, qui contrastaient avec sa belle tenue. Nous crûmes alors qu'il était ce que les grandes personnes appelaient "un original".

Nous perdîmes une demi-heure à draguer du bout des doigts la pelouse, sans jamais y trouver la moindre bille. Ce cochon s'était bien foutu de nous, et qui pis est, nos sacs avaient disparu avec nos livres et tout ce que nous possédions!

mercredi 2 décembre 2009

Le chat perché

Partant pour un long voyage, et ne pouvant se resoudre d'abandonner son chat, un type le confie à son voisin, auquel il promet de verser un peu d'argent tous les mois pour qu'il puisse bien s'en occuper. Naturellement, il appellerait ce voisin de temps à autre pour avoir des nouvelles de son Mimi.
Un jour arriva toutefois, où le chat disparut mystérieusemen [enfin, quand on dit mystérieusement, il est certain que des sauvages l'ont mangé].
Bref, n'en ayant pas encore ete informé, notre voyageur appelle un beau jour, soit un mois apres la disparition de son Minet, et comme il s'enquiert des nouvelles de celui-ci, le voisin lui annonce, sans aucun menagement: "Figure-toi qu'il est mort..."
A la distance, il entendit sangloter son ami, puis celui-ci lui reprocha finalement sa façon brutale d'annoncer les nouvelles lorsqu'elles sont pénibles ; il aurait pu dire, par exemple: "Le chat avait grimpé à un arbre, et s'étant appuyé sur une branche vermoulue, il avait fait une chute mortelle..."
Bref, c'est la vie ; que veux-tu? " Alors, avant de raccrocher, aurais-tu des nouvelles de ma mère?"
"--Eh bien, j'ai cru entendre recemment, qu'elle aurait grimpé à un arbre..."